La Fondation genevoise «Les Enfants de Huê» et le bureau d’architectes carougeois «Atelier Objectifs» (Julien Barro, Daniel Sède, Franklin Regad) travaillent ensemble à la construction d’une Maison des étudiantes dans l’ancienne capitale impériale du Vietnam. L’édifice, qui accueillera 80 étudiantes d’ici la fin 2016, conjugue esthétique et durabilité, tout en répondant avec ingéniosité aux spécificités climatiques et culturelles du lieu. Un projet ambitieux, d’intérêt humanitaire évident. «L’avenir est dans le don et la générosité», dit le Père Patrick-Marie Sérafini.

 

La Fondation «Les Enfants de Huê», domiciliée à Genève, est née officiellement en juillet 2004, à la suite d’une rencontre «coup de cœur» du Père Sérafini avec les sœurs de la congrégation diocésaine vietnamienne «Les Amantes de la Croix de Huê», fondée en 1719. La Fondation a pour but d’«offrir une formation humaine et intellectuelle permettant aux enfants et aux jeunes les plus démunis de construire leur vie». Depuis sa création, de nombreuses actions ont été menées auprès des enfants et des jeunes pauvres de la province et de la ville de Huê. Le Père Patrick-Marie, qui a lui-même adopté plusieurs enfants vietnamiens, et sa Fondation ont pris sous leurs ailes 81 orphelins, dont certains sont nés au sein même de l’institution. L’aide apportée à l’ensemble de ces enfants, inconditionnelle et bénévole, est accordée sans distinction ethnique, sociale, politique ou religieuse: «Chaque bourse est attribuée à un enfant, un jeune ou un étudiant selon les ressources familiales et le mérite, afin de leur permettre de poursuivre leurs études et d’obtenir une meilleure éducation». La Fondation soutient l’œuvre des sœurs, menée au quotidien auprès de ces enfants scolarisés dès 18 mois, pour leur donner les moyens de réaliser leur mission et les aider à surmonter les obstacles matériels. Après la construction d’une école maternelle dans le quartier de Phu Cam, la Fondation a lancé en 2015 un projet de construction d’une Maison d’étudiantes. «Pas moins de 283 de nos jeunes boursiers bacheliers, garçons et filles, issus principalement de la campagne – viennent dans la ville de Huê et continuent leurs études universitaires, d’où le projet de construire cette Maison des étudiantes». Une architecture intelligente au service du bien-être de ses occupantes Pour imaginer ce bâtiment tout à fait particulier de par sa destination, Père Patrick-Marie a choisi de travailler avec trois jeunes architectes genevois, associés au sein de l’Atelier Objectifs, Daniel Sède, Julien Barro et Franklin Regad. Un choix intentionnel «pour donner une visibilité plus grande aux donateurs, car le Vietnam est à 12 000 km d’ici!». «Une entreprise ambitieuse » confie l’architecte Daniel Sède, «construire sous d’autres latitudes et d’une manière différente ajoute à notre motivation de participer à cette bonne œuvre». Aujourd’hui, toutes les autorisations officielles pour construire le bâtiment ont été accordées par les autorités. Sur place, les architectes genevois ont trouvé des relais sérieux et professionnels pour mener à bien les travaux, à savoir des architectes locaux qui seront «leurs yeux et leurs mains» pendant le déroulement du chantier, ainsi qu’un contremaître réputé à Huê. «Bêtania» a été pensée comme une maison accueillante avec sa bibliothèque, son grand restaurant économique de 140 places, ses 40 chambres doubles aménagées pour y étudier et dormir et ses lieux de vie où les jeunes filles pourront se retrouver dans le calme et la convivialité. La construction se veut simple et modulaire; elle reprend les matériaux usuellement utilisés au Vietnam comme le béton, la brique en terre cuite et le bambou. Si le bâtiment de quatre étages (sous-sol compris) se cache derrière une résille, à l’instar d’un moucharabieh, pour se protéger des regards indiscrets mais aussi du soleil tropical, une grande partie de la lumière est captée par les deux cours intérieures de l’édifice autour desquelles se déploient les différents espaces de vie. La typologie de l’ouvrage n’est pas anodine et révèle toutes les subtilités imaginées par les architectes pour mettre à profit toutes les ressources naturelles à leur disposition: «Nous avons guidé, l’eau, l’air, la lumière, non pas à travers des machines, mais à travers des dispositifs architecturaux que l’histoire a éprouvés dans le temps et que nous avons combinés pour arriver à ce résultat prometteur». Ainsi, les eaux pluviales, particulièrement abondantes lors des moussons, sont récupérées dans une grande citerne et pourvoient à hauteur de 52% à la consommation annuelle du bâtiment. La ventilation naturelle est favorisée par les larges ouvertures de la maison et la disposition traversante des chambres. L’entrée de la lumière, enfin, est favorisée par les cours qu’ils décrivent comme étant «les centres de gravité du projet». «La construction de Bêtania est un projet phare qui devrait susciter beaucoup d’intérêt auprès des architectes locaux», commente le père Patrick-Marie Sérafini. Si les délais sont respectés, les jeunes étudiantes pourront prendre possession des lieux dès la rentrée prochaine afin de poursuivre leurs études en toute quiétude. Le financement de cette construction se fait exclusivement par des dons et la totalité du budget nécessaire à sa réalisation n’est pas encore été atteint. Il est encore temps de soutenir cette action en adressant vos dons à la Fondation. Vincent Naville Fondation «Les Enfants de Huê», 14, rue Albert-Gos, 1206 Genève. fondation@lesenfantsdehue.org www.lesenfantsdehue.org UBS compte CHF N° 10-273659-7

Source: toutimmo.ch